lundi 15 mars 2010

Un peu énervé là...

Le résultat du premier tour des élections régionales et en particulier le score du Front National illustre très bien, à mon sens, une double erreur politique de la part du pouvoir en place.

La première erreur a été de croire qu'il suffisait de tenir un discours similaire à celui de l'extrême droite et de prendre des mesures drastiques et très médiatisées à l'encontre des étrangers pour attirer les voix extrémistes. Si on a pu avoir l'illusion que cela fonctionnait lors des législatives, force est de constater que cela ne marche plus et que le Front National est remonté à un niveau proche de celui qu'il avait avant l'élection de Nicolas Sarkozy. L'électorat extrémiste est avant tout un électorat qui est contre par principe, et qui focalise son opposition sur les étrangers ou prétendus tels. L'UMP pourra faire ce qu'elle veut, accepter tous les dérapages et prendre n'importe quelles mesures anti-étrangers, il y aura toujours un électorat extrémiste.

La deuxième erreur est bien plus grave et sera très difficile à réparer. Ayant laissé se développer ce climat délétère en l'entretenant à coup de pseudo débat sur une prétendue identité nationale, à coup de discours inacceptables et de quota d'expulsions; on est arrivé à un point où les idées racistes et xénophobes se sont banalisées. Je suis surpris et triste d'entendre mes enfants rapporter les propos de certains de leurs camarades, qui tiennent  un discours de rejet des autres. Même les enseignants ne peuvent plus redresser cette situation qui les dépasse, puisque le relais des parents n'est plus assuré.

On ne lutte pas contre l'extrémisme en allant déraper sur son terrain. La xénophobie se combat en permanence, sans aucune indulgence, surtout pas de la part du pouvoir en place. Encore une fois, tout cela passe par l'éducation, l'apprentissage permanent de la tolérance et de l'acceptation des autres. Tant qu'on n'aura pas compris cela et qu'on ne l'aura pas mis en œuvre on verra  l'extrémisme se développer et envahir insidieusement toute la société, avec à la clé un vrai risque de chaos.

Il est grand temps de changer de politique, de penser sur le long terme et non pas à l'échéance de la prochaine élection. Il faut mettre la tolérance au cœur de l'éducation. Lors d'un séjour en Californie, notre famille a pu voir ce type d'éducation mise en pratique à l'échelle d'une école, de la maternelle au lycée. La tolérance était une sorte de loi fondamentale par laquelle les élèves étaient tenus de respecter les convictions religieuses, l'origine ethnique ou les orientations sexuelles de leurs camarades (ce dernier point figurait explicitement dans le règlement intérieur). Ce n'était pas que des mots, une grande partie de l'éducation tournait autour de cela et les projets d'écoles mettaient souvent en valeur la richesse de la diversité culturelle.

Le retour en France, fut éprouvant...

7 commentaires:

  1. C'est une remarque que je me faisais: je trouve surprenant que plus un parti politique tend vers une "idéologie" en dehors de son "image de marque", plus les membres de ce parti qui ont tendance à se reconnaître dans cette nouvelle identité (et qui donc devraient être content) ont tendance à fuir ce parti vers d'autres ancrés dans cette idéologie.

    En ce qui concerne l'éducation, l'école ne peut- être seule garante de l'apprentissage et du respect de la tolérance. L'école apporte une part de la connaissance, or la tolérance est avant tout une question de comportement. Or sur ce point, il me semble que le cercle familiale joue un rôle majeur, suivit de l'influence d'un cercle privé que l'on se choisit: les amis.

    De "l'éducation Californienne", il en était d'un cadre privé choisi (et payé), à la différence d'une éducation dans un lieu imposé. Le climat d'un établissement est en partie issu des choix de l'équipe pédagogique, mais avant tout de la volonté des étudiants. En affichant clairement dans le règlement qu'il appartient à tous et à chacun de garantir un respect mutuel peu importe le sexe, l'origine, la religion et la sexualité de la personne, alors on écarte d'office les portefeuilles opposés à ces principes, pour ne regrouper que les personnes de familles (et d'éducation) axées sur la tolérance. (A noter que l'on écarte malheureusement aussi les portefeuilles dégarnis).

    Hélas, la société Française se veut bien plus ancrée sur l'apparence extérieure et les résultats à court terme (certains appellent cela "l'excellence"). La tolérance semble bien en retrait dans les objectifs: c'est bien dommage car avec une bonne cohésion et l'esprit d'équipe les résultats viennent tout aussi bien.

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  2. A la vue des resultats hier, je me suis dit que je n'etais pas pret de rentrer en france... Plus je regarde la France de loin, plus je me dis que ce pays est malade, tres malade.

    Lors de la presidentielle, il a ete dit que Sarkozy a mis Le Pen a genoux. Et bien non, helas. Et c'est le contraire qui est entrain de se produire, je le crainds. La droite decomplexee mene depuis quelques annees une campagne de racisme ordinaire. Au lieu d'etouffer la portee du discours d'extreme droite, cela mene au contraire a l'amplifier et mieux l'accepter.

    A jouer a l'apprenti sorcier avec ces theses d'extreme droite, nous nous retrouvons avec un monstre (ce n'est plus un risque car je considere que le monstre est deja la).

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  3. Il ne faut pas dramatiser non plus, ce n'est pas un fait nouveau que de voir le FN à 11,42% (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_r%C3%A9gionales_fran%C3%A7aises_de_2010#Premier_tour )

    Cela reste beaucoup plus bas que le 1er tour des présidentielles de 2002. Le FN avait fait 16,86 % et le MNR 2,34% . (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2002#Premier_tour.2C_le_21_avril_2002 )

    Chez nos voisins Européens ce n'est pas forcément plus glorieux non plus, la Suisse par exemple n'a pas beaucoup brillé ces derniers mois avec son référendum "anti-minaret", l'extrême droite aux Pays-Bas a même créé une milice civile anti-musulman.

    Les Américains, quand à eux, sont quand même allé chercher leur pétrole en Irak sous prétexte de guerre anti-terroriste. Aux dernières présidentielles, Sarah Palin a fait toute la campagne sur les thèmes de Dieu, les flingues et le terrorisme, Bush avait défendu la torture comme étant une méthode valide pour tenir un interrogatoire et ce sans choquer personne.

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  4. Évitons de tirer par le bas, Gaël.
    Alvin, quand est-ce que tu déménages à Long Island? :) (hinhinhinhin)

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  5. j'allais dire la meme chose. ce n'est pas parce qu'il y a une dictature en Coree du Nord que l'on doit avoir une dictature en France...

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  6. Je ne cherche pas à justifier ou excuser les hauts résultats de l'intolérance, mais je réponds surtout à l'argumentation: "Plus je regarde la France de loin, plus je me dis que ce pays est malade, tres malade." Or ce n'est pas spécialement la France qui est malade, mais le monde ! Le fait de cibler la France et uniquement elle n'est pas forcément très juste: La France n'est pas la représentation du mal sur Terre, elle est dans la moyenne.

    PS: Ceci n'est pas sensé vous rassurer sur le sort de la France (par un nivellement vers le bas), mais vous faire comprendre que vous pouvez aussi vous soucier du sort de la planète. La question n'est pas de savoir ce que l'on vaut par rapport au reste du monde, mais où se situe le monde et nous même par rapport à notre idéal de vie.

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  7. A noter aussi: Si le FN fini en 4ème position, j'aimerai aussi insister sur le fait que l'on retrouve devant, en 3ème position, un parti émergent appelé "Europe Écologie". Je ne sais pas si sa politique est la bonne, mais le fait de s'appeler "Europe" devrait dénoter d'une certaine ouverture à l'étranger et le fait de s'appeler "Ecologie" devrait souligner le souci du développement à long terme. La "tolérance" n'est pas formellement revendiquée, mais il y a ici de bons ingrédients et de quoi s'accrocher à une note d'optimisme quand à la question de l'avenir.

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